Petite histoire du lieu

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Le premier moulin

Les moulins, avant les premiers travaux de restauration

Les deux moulins, assez typiques de l’architecture locale et régionale, sont caractéristiques des nombreux autres moulins abandonnés en Cévennes. Leur surface est d’environ 20 mètres carrés.
La roue, de type horizontale, était placée dans la cave avec les meules, actionnées directement, au-dessus. Il semble que chacun des moulins avait deux roues et deux jeux de meules dont un seulement fonctionnait à la fois. Le second moulin possède un étage au-dessus des meules pour stocker du grain ou servir d'abri au meunier s’il devait travailler la nuit.
Bien qu'il possédait encore sa toiture en 1997, ce moulin n’a probablement pas fonctionné depuis au moins un siècle.

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Un peu plus bas, le second moulin

L’autre moulin, pourtant construit plus récemment n'avait plus de toit avant les premiers travaux de restauration. Il a été utilisé jusqu’aux années vingt pour moudre le seigle. D’après la petite fille du propriétaire de l’époque, qui a près de cent ans aujourd’hui, son grand-père qui avait un commerce à St Germain, aurait essayé de vendre un mélange de châtaignes séchées (travaillées aux moulins) et de cacao pour le petit déjeuner. Cette même personne se souvient avoir vu le réservoir du moulin en eau vers 1925.

Les meules sont toujours en place mais les turbines en bois ont disparues depuis longtemps. Pour tout mobilier, il ne reste que quelques pièces métalliques.

On sait très peu de l’histoire du site. Il est mentionné dans un document de 1730 environ qui parle du pont et d’un béal qui commence « sous le pont ». Il semble que le pont était alors déjà ancien. Le béal alimentait alors l’ancien bassin (aujourd’hui disparu) et faisait tourner le second moulin, et avant un troisième de taille très modeste. Il reste aujourd’hui quelques trous sous le pont dont plusieurs servaient au maintien de cet ancien béal ; les autres auraient pu servir à l’ancrage de l’échafaudage utilisé lors de la construction du pont (probablement au 16e siècle).

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Le pont de l'ancienne route

Il y a eu des aménagements importants dans la première décennie du dix-neuvième siècle, notamment la construction d’un nouveau réservoir et le remblayage de l’ancien, qui a probablement dû être emporté par un glissement de terrain ou une crue exceptionnelle de la rivière. Comme il a été évoqué plus haut, il subsiste les restes d’un troisième petit moulin plus vieux que les autres alimenté par un béal qui commençait une centaine de mètres en amont du pont.

L’eau alimentant les deux moulins actuels provenait d’un petit barrage sur le Gardon, situé à environ 300 mètres en amont : une partie de l’eau de la rivière était déviée le long d’un béal large de 60 cm et profond de 30-40 cm qui remplissait le réservoir du moulin.
Notez que ce béal se prolonge en aval des moulins sur près d'un kilomètre. A l'origine, il avait pour objectif d'irriguer des prés (une bergerie est encore présente sur le parcours du béal).
Le réservoir rempli, le moulin pouvait travailler pour une heure à une heure et demie environ et moudre ainsi à peu près l'équivalent d'un sac de farine. Une vanne de 15 par 15 cm était ouverte pour diriger un jet sur la roue. Une fois le réservoir vidé le moulin devait s’arrêter pour quelques heures le temps nécessaire au remplissage du réservoir.
L’eau passée par le premier moulin pouvait alors servir à alimenter le second moulin (principe des moulins en cascade).

 

Restauration

Philip Cockle, propriétaire et gestionnaire du site a pour projet la restauration de ces moulins et leur site.

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Le nouveau toit en Lauze du premier moulin

Ainsi au fil des ans les terrains ont été défrichés, révélant au mieux les beautés du site. Les toitures des moulins ont été refaites ; la charpente du premier moulin, totalement ruinée, a été entièrement reconstruite avec l'aide d'un compagnon charpentier (merci Bertrand !). Les 300 premiers mètres de béal qui doivent à terme réalimenter le bassin ont été curés avec la bonne volonté et la vigueur de plusieurs équipes de scouts. Philip maintient et poursuit avec persévérance l'entretien de ce béal qui se recharge en alluvions à chaque crue. La prise d'eau en amont du béal a également été réaménagée. La portion de béal en aval des moulins a été rouverte, proposant ainsi une balade offrant quelques passages vertigineux et une vue imprenable sur le château de Calberte. Et durant ces années de travail, plusieurs murs de pierres sèches ont également été remontés.

Plus récemment, le bassin a été curé. Cette tâche a nécessité l'intervention d'une petite pelle mécanique. Et cette année (2011), ce sont les enduits du bassin qui ont été réalisés ainsi que les conduites forcées qui amèneront l'eau aux pales des turbines.

 

Et bientôt ?

La prochaine étape sera donc la mise en eau d'un bassin qui n'a pas connu cet état depuis près d'un siècle : un petit évènement en soi.*

 

En projet

Mais il reste encore beaucoup à faire. Ainsi, toute la restauration du mobilier permettant au premier moulin de fonctionner à nouveau doit encore être mise en œuvre, et comme il ne reste que très peu d’éléments, il s’agit d’une tâche ardue.

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Reconstruction d'un mur de soutènement du béal

Autre petit drame très cévenol : au fil des ans les murs continuent de tomber, et il n'est pas physiquement possible à quelques bénévoles isolés de maintenir seul un tel patrimoine.
Le site des moulins de La Brousarède recèle également un jeu de bancels superbes et en quasi parfait état. Les cheminements y sont dégagés et entretenus, mais il serait souhaitable de nettoyer un peu plus les sous-bois pour valoriser des murs magnifiques.
Quant à l'entretien des zones ouvertes (abords des moulins, béals...), nous espérons nous faire aider par les chèvres de La Brousarède.

Et mille autres choses encore !!!

 

Si vous souhaitez passer un bout de temps dans un endroit magique en travaillant sur ce modeste projet, vous pouvez contacter le propriétaire.

Philip Cockle, Philippe Jestin, novembre 2011

* En août 2013, le bassin de La Brousarède a été remis en eau pour la 1ere fois depuis près d'un siècle.