Les méthodes de travail

 

Installées au cœur d'une zone peu urbanisée, vierge de grandes cultures et où l'agriculture, essentiellement axée sur l'élevage, reste encore à taille humaine, mes ruches bénéficient d'un environnement particulièrement indemne de pesticide. Au quotidien, mon travail avec les abeilles se veut en cohérence avec ce milieu de vie exceptionnellement bien préservé. J'essaie donc de privilégier le respect de l'abeille qui n'est pas une usine à miel. La taille modeste de mon exploitation facilite cette approche et permet encore un suivi individuel de chaque colonie. En outre aucun pesticide n'est employé sur l'exploitation.

 

Les ruches

Elles sont toutes fabriquées sur place, par mes soins, ainsi que les hausses (pour la récolte du miel). Le bois employé est issu d’une scierie locale. Bien entendu, les produits utilisés pour la protection des bois sont adaptés à l’apiculture et non toxiques pour les abeilles. Les hausses ne subissent désormais plus qu’une simple application d’huile de lin.

Aucun pesticide (ni fongicide, ni insecticide) n'est employé pour la protection des ruches et des hausses : le bois utilisé (du douglas) offre en effet une résistance naturelle aux insectes xylophages et aux champignons.

 

Transhumances

Désormais, pour des raisons de diversification, l’essentiel de mes ruchers est transhumant. Je conserve toutefois un rucher sédentaire d'une vingtaine de colonies à La Brousarède. Une part de mes essaims démare leur existence à La Brousarède. La production des reines de même que la gestion des nucléis ont également lieu sur l'exploitation.

Les transhumances se font dans la région. L'hivernage d'une part des colonies se fait dans le piedmont des Cévennes, en garrigue ; une bonne moitié de mon cheptel continue d'hiverner en Cévennes. Les transhumances de saison suivent les miellées : bruyère blanche en Cévennes méditerranéennes, acacia en vallées, châtaignier à moyenne altitude, bruyère cendrée et callune en altitude.

Á l'avenir, j'envisage quelques transhumances un peu plus lointaines, notamment pour assurer de meilleures ressources à mes abeilles en périodes difficiles.

 

Nourrissement

Un soutien est apporté aux essaims en période de disette et pour leur premier hiver si le besoin s'en fait sentir. Les colonies les plus faibles peuvent également recevoir un peu de candi pour les aider à hiverner dans de bonnes conditions.

En rucher sédentaire, le début du printemps est une période délicate pour les abeilles : les ressources sont encore rares et les provisions de l’année précédente peuvent être épuisées. C’est une période nécessitant une grande vigilance pour l’apiculteur qui peut être amené à complémenter les provisions manquantes.

Évidemment, aucun nourrissement n'est apporté aux abeilles en cours de miellée.

 

Récolte

Le principe de la ruche à cadres divise la ruche en deux parties : le corps réservé aux abeilles, où aucun prélèvement de miel n’est jamais effectué, et la hausse, spécialement conçue pour le stockage du miel, mise en place au début de la miellée. C’est donc uniquement dans les hausses que le miel est récolté.

Pour la récolte du miel, je procède de façon traditionnelle : léger enfumage des abeilles, puis prélèvement des cadres un par un en laissant les abeilles dans la ruche (par balayage ou tapotement). Autre méthode également employée : le chasse-abeilles, un dispositif  qui s'interpose entre le corps de ruches et la hausse, permettant aux abeilles de redescendre dans le corps, mais pas de remonter. Les chasse-abeilles sont posés le soir, les hausses sont récoltées à l'aube le lendemain, quasi vide d'abeilles. Une méthode douce, très respectueuse des colonies.

Les cadres sont récoltés quand le miel est mûr.

L’extraction, la maturation puis la mise en pot sont effectuées par mes soins, sur mon exploitation. Le filtrage est réalisé par simple tamisage (ni pompe, ni microfiltration). De même, la mise en pot est manuelle (toujours pas de pompe !). Le miel subit ainsi le minimum de transformation. Enfin, le miel n’est chauffé à aucun moment, ce qui permet d’en préserver tous ses parfums.

 

Traitement anti varroas

Le varroa est le seul parasite qui nécessite la mise en place de traitements dans nos ruches.

C'est un petit acarien parasite des abeilles, originaire d'Asie et arrivé en Europe il y a une trentaine d'années seulement. L'abeille domestique n'est pas adaptée à lutter seule contre ce nouveau parasite. Le varroa affaiblit les abeilles et est un important vecteur de maladies.

La lutte contre le varroa rend donc indispensable certains traitements. Pour limiter ceux-ci, certaines méthodes de luttes prophylactiques sont mises en œuvre (plateau grillagé notamment). Toutefois, l’emploi d'acaricides reste incontournable pour maintenir en vie les colonies et limiter les pertes. Ainsi j'applique un traitement au thymol (un phénol contenu notamment dans l'huile de thym) après la récolte et un traitement à l'acide oxalique en hiver.

Les traditionnelles applications d’Amitraz (pesticide de synthése) ont totalement été remplacées par l’acide oxalique depuis l’hiver 2010-2011.

L'usage du thymol et de l’acide oxalique est autorisé en agriculture biologique.

Les traitements sont systématiquement appliqués en dehors des périodes de miellée.